NARM® thérapie : l'approche psychocorporelle
qui agit quand comprendre ne suffit plus
Temps de lecture : environ 8 minutes
Vous avez du mal à être en lien, vous préférez vous isoler. Vous passez après les besoins des autres, sans vous sentir compris(e). Demander de l’aide, faire confiance : pas simple. Dire non vous rend coupable, vous évitez le conflit et vous vous mettez sous pression. Et cette peur du rejet qui vous pousse à tout faire parfaitement.
Et pourtant, vous savez déjà d’où ça vient. La boule au ventre est là, la gorge qui se serre, une honte diffuse, le corps qui se ferme, comme si comprendre ne suffisait pas.
C’est précisément ce que travaille la thérapie NARM , une approche psychocorporelle pensée pour aller là où les mots seuls ne suffisent pas.
En résumé : la méthode NARM est une approche psychocorporelle pour les traumatismes de l’enfance, développée par Dr Laurence Heller. Elle agit là où la compréhension seule ne suffit pas, en travaillant avec les sensations corporelles et les émotions dans l’instant présent. Reparler du passé n’est donc pas toujours nécessaire. Les séances durent 1h, en visio ou en présentiel.
Sommaire
ToggleQu'est-ce que le NARM ?
Le NARM (Neuro Affective Relational Model, ou modèle relationnel neuro-affectif) est une approche psychocorporelle qui traite les conséquences des traumatismes de développement liés à l’enfance, en travaillant conjointement le corps, les émotions et le psychisme. Cette méthode a été développée par le Dr Laurence Heller, psychologue clinicien.
Ce constat de départ est simple : face à un environnement familial qui n’offrait pas assez de sécurité, chaque enfant construit des stratégies d’adaptation, intelligentes à l’époque, mais devenues des freins à l’âge adulte.
Ces stratégies ne concernent pas que le corps ou le système nerveux : elles touchent avant tout la relation que vous avez avec vous-même et avec vos émotions. La peur de les ressentir. La honte de les montrer. Cette sensation de ne même plus savoir ce que vous ressentez vraiment, tant vous avez appris à les mettre de côté pour tenir.
D'où vient la méthode NARM ? Qui l’a créée ?
Le NARM est un modèle intégratif, qui articule plusieurs disciplines (psychologie du développement, psychothérapies corporelles, théorie de l’attachement, neurosciences) pour mieux comprendre les conséquences du trauma développemental.
Laurence Heller (voir photo) a développé cette approche après 45 ans de pratique clinique, en prolongeant le travail de Peter Levine sur le Somatic Experiencing.
Votre système nerveux face au danger
Face à ce qu’il perçoit comme un danger, votre système nerveux choisit, sans que vous le décidiez consciemment, entre mobilisation (combat, fuite) ou immobilisation (repli), grâce à un processus que Stephen Porges a appelé la neuroception. C’est cette distinction que vous retrouverez dans les 5 profils NARM, un peu plus bas.
Plutôt que de nommer ces profils d’après une pathologie, Heller a choisi de les nommer d’après le besoin qui n’a pas pu être pleinement comblé (connexion, accordage, confiance, autonomie, amour). Une façon de ne jamais réduire une personne à un trouble, mais de la ramener à ce dont elle avait besoin, et n’a pas reçu.
▶ Mais quel que soit le mode adaptatif dans lequel vous vous reconnaissez, la capacité à retrouver de la régulation, de la connexion et de la vitalité ne disparaît jamais complètement : elle reste là, prête à se réactiver dès que les conditions relationnelles le permettent.
Repères théoriques
- Peter Levine, PhD : Somatic Experiencing, base du travail corporel
- Bowlby & Ainsworth : théorie de l’attachement
- Stephen Porges, PhD : théorie polyvagale et neuroception
Pour les pros de l’accompagnement et de la santé mentale : ressources complémentaires
Le NARM s’inscrit aussi dans la continuité de plusieurs courants historiques de la psychothérapie corporelle et développementale.
- Structure corporelle et mécanismes de défense (Wilhelm Reich, Alexander Lowen) : les liens étroits entre développement psychologique, mécanismes de défense et organisation corporelle.
- Séparation-individuation (Margaret Mahler) : la manière dont l’enfant construit son identité tout en développant son autonomie psychique.
- Gestalt-thérapie : l’attention portée à l’expérience présente et à la relation thérapeutique.
Qu'est-ce qu'un trauma développemental ?
Ce terme ne correspond pas à l’idée qu’on se fait généralement d’un traumatisme psychologique.
Ce n’est pas forcément un drame correspondant à un événement isolé.
C’est plus diffus : un sentiment de ne jamais avoir été vraiment vu(e), entendu(e), ou en sécurité, dans un climat familial marqué par l’absence, la négligence, l’exigence excessive, les violences ou les disputes constantes.
Certaines violences, comme le fait de grandir dans un climat familial violent ou l’inceste, laissent une empreinte durable sur le rapport à la sécurité et à la confiance : à la fois celle d’un choc et celle d’un climat qui s’est installé dans la durée.
Contrairement à un trauma de choc isolé, le trauma développemental est le plus souvent une accumulation de manques et/ou de blessures répétées au fil de l’enfance, à laquelle vous avez dû vous adapter du mieux possible, sans même vous en rendre compte à l’époque.
Quels sont les 5 profils NARM ?
Ce que Laurence Heller appelle les styles de survie adaptatifs (vulgarisables en « profils NARM ») correspondent à 5 besoins fondamentaux : la connexion, l’accordage (ou syntonie), la confiance, l’autonomie, et l’amour / sexualité.
Ces 5 profils correspondent aux grandes étapes du développement du bébé, de l’enfant et de l’adolescent.
Vous vous reconnaîtrez peut-être dans l’un de ces profils, ou dans plusieurs, selon que vous avez plutôt tendance à combattre ou à vous replier face à ce qui vous menace.
1 -Solitude (connexion)
- « Je me sens seul(e), même entouré(e) » ; je préfère rester dans ma tête plutôt que de me livrer (repli)
- Je me braque, je m’isole quand ça devient trop (combat)
(exemple concret : le mode Connexion, l’intellectuel qui doute)
2- Sacrifice de soi (syntonie / accordage)
- « Je n’ai pas le droit de me plaindre » ; je m’oublie complètement pour les autres (repli)
- Je proteste, mais je culpabilise juste après (combat)
3- Trahison (confiance)
- « Je n’ose pas demander de l’aide, j’ai peur qu’on me laisse tomber » (repli)
- Je préfère agir seul(e), je ne fais confiance à personne (combat)
4- Dire non (autonomie)
- « Je me sens coupable dès que je dis non » ; je me mets une pression de dingue pour ne jamais décevoir (combat)
- Je me fige, je n’arrive pas à choisir et j’ai peur du conflit (repli)
5- Perfectionnisme (amour / sexualité)
- « Sans mes réussites et mon apparence extérieure j’ai l’impression de n’être rien », je suis perfectionniste(combat)
- Je sens que je ne suis aimé(e) pour mon apparence et/ou mes performances , jamais pour qui je suis ». Je confonds amour et admiration. J’ai peur du rejet (repli)
En quoi le NARM est-il différent ?
Le postulat central du NARM : ce n’est pas le traumatisme en lui-même qui crée les difficultés que vous vivez aujourd’hui, mais la persistance des stratégies adaptatives de survie autrefois salvatrices.
Différences avec une thérapie verbale classique
Une thérapie classique par la parole vous aide à comprendre pourquoi vous réagissez ainsi.
Le NARM vient prolonger le travail déjà accompli, là où la compréhension seule atteint ses limites face à une stratégie de survie ancrée dans le corps et les émotions.
NB : Le NARM ne retire pas une protection pour la remplacer par autre chose : il aide à développer, petit à petit, votre capacité à rester présent(e) et régulé(e) face à ce qui vous active. Une fois cette capacité renforcée, la stratégie de survie devient moins nécessaire, et se desserre d’elle-même.
Le travail se fait dans l’instant présent, à partir de ce que vous ressentez concrètement en séance (une tension, un souffle qui se bloque, une émotion qui monte fort), pour vous faire passer d’un état où vous subissez vos réactions à un état où vous sentez, en temps réel, que vous avez le choix : dire non sans culpabiliser, accueillir du soutien sans malaise, vous affirmer sans avoir peur du rejet.
De l'EMDR, l'IFS ou le Somatic Experiencing
Le NARM n’est pas la seule approche du trauma, et il est légitime de se demander en quoi il diffère de celles que vous connaissez peut-être déjà :
- L’EMDR traite des souvenirs traumatiques précis et identifiables, généralement pour un trauma de choc isolé.
- L’IFS (Internal Family Systems) dialogue avec les différentes « parties » de vous-même, notamment celles qui protègent une blessure ancienne. Il vise le trauma développemental et relationnel (tout comme le NARM), mais par une porte d’entrée différente : le dialogue interne plutôt que le corps.
- Le Somatic Experiencing, travaille d’abord par le corps, sans besoin d’un récit détaillé, plutôt adapté pour un trauma de choc.
Le NARM se distingue en combinant ce travail émotionnel et corporel à un travail sur l’identité et les schémas relationnels issus de l’enfance, propre au trauma développemental (pour comparer plus en détail les approches du trauma, voir notre guide des approches).
À quoi ressemble une séance de NARM ?
Concrètement, à quoi vous attendre si vous poussez la porte d’un cabinet, ou si vous prenez une consultation en ligne ?
Le déroulé pratique d'une séance
Un accompagnement démarre généralement par un échange préliminaire, pour poser vos questions et clarifier vos attentes. La première séance permet d’explorer ce qui vous amène, sans précipitation ni jugement.
Les séances durent généralement 1h, en visio ou en présentiel. La durée du suivi se fixe avec votre thérapeute, en fonction de votre rythme et de ce que vous traversez.
Ce qui se joue pendant la séance de NARM
Vous y êtes accueilli(e) avec toutes vos émotions, y compris celles qui vous semblent inavouables et insupportables : la honte, la culpabilité, la colère, la tristesse, l’anxiété ne sont pas écartées ni analysées à distance, elles sont accueillies comme des messagères de ce qui doit être reconnu.
Le NARM s’appuie sur un principe clé : l’achèvement émotionnel. Les émotions que vous avez dû étouffer, enfant, pour vous adapter n’ont pas disparu, elles sont restées en suspens. Les accueillir aujourd’hui, en sécurité, permet de les traverser enfin jusqu’au bout, plutôt que de continuer à les refouler. Le refoulement des émotions est souvent inconscient. A la place, nous allons être anxieux, déprimé, fatigué et développer toutes sortes de symptômes (maladies chroniques, troubles divers…).
Contrairement à une crainte fréquente, le NARM ne vous demande pas de tout raconter en détail : le travail part de ce qui se passe là, maintenant, à l’intérieur de vous.
Si ce que vous venez de lire résonne avec ce que vous traversez, un premier échange peut suffire à y voir plus clair : l’appel découverte est gratuit et sans engagement.
Pour qui la méthode NARM est-elle adaptée ?
Le NARM s’adresse à des difficultés relationnelles et émotionnelles installées dans le temps : des schémas qui se répètent, un sentiment de blocage malgré un travail déjà entamé, une difficulté à poser des limites, à faire confiance, ou à vous sentir légitime.
Ce n’est en revanche pas une prise en charge de première intention en cas de crise aiguë (décompensation psychotique, addiction sévère, idées suicidaires : le 3114, numéro national de prévention du suicide, est disponible 24h/24).
L’approche NARM est-elle fondée sur des preuves scientifiques ?
Le NARM s’appuie sur des champs de recherche bien établis : la théorie de l’attachement, les neurosciences relationnelles et les études ACE (Adverse Childhood Experiences, expériences difficiles vécues dans l’enfance & conséquences sur la santé), menées par Vincent Felitti et Robert Anda.
Il n’existe pas encore de large étude clinique randomisée sur le NARM lui-même : enseigné depuis les années 2000 seulement (son livre fondateur, Healing Developmental Trauma, date de 2012), il est encore jeune comparé à des approches comme l’EMDR (1987), la TCC ou la psychanalyse.
Les retours disponibles s’appuient sur l’expérience clinique des praticiens formés à cette approche, la solidité de ses fondements théoriques, et l’intérêt croissant de psychiatres et de psychologues qui se forment au NARM, en complément de leur pratique.
Un nouvel ouvrage à venir, de Laurence Heller traduit en français : le Guide pratique du traitement du trauma développemental (avec Brad Kammer), est également annoncé pour janvier 2027.
Où trouver un thérapeute NARM en France ?
Les praticiens formés au NARM ont des profils variés : psychologues, psychiatres, psychothérapeutes, ou autres professionnels de l’accompagnement. Plusieurs niveaux de formation existent, du praticien informé au thérapeute certifié.
Comme pour tout accompagnement thérapeutique, n’hésitez pas à vous renseigner sur le parcours de la personne que vous consultez (voir aussi notre article : Comment choisir un bon thérapeute pour un traumatisme psy ?).
Si vous préférez commencer par un échange direct, vous pouvez me contacter pour en discuter, sans pression, ni obligation.
Professionnels de santé : quand orienter un patient vers un praticien NARM ?
Pour aller plus loin : ressources
Ce constat concerne aussi les professionnels qui accompagnent ces patients au quotidien :
quand un patient comprend intellectuellement ses difficultés sans que cela suffise à aller mieux, cela peut être le signe qu’une approche uniquement verbale a atteint sa limite (voir aussi : guide des approches).
Le NARM, en travaillant avec le corps, les émotions et la régulation du système nerveux, vient alors compléter un suivi déjà engagé.
Sites :
- Le site du Dr Laurence Heller, fondateur du NARM
- Cefort : Centre d’Études et de Formation à la Résolution du Trauma
- Le NARM Training Institute, organisme officiel de formation
- Le NCTSN, pour approfondir le trauma développemental chez l’enfant
Livres :
- Guérir les traumatismes du développement, Laurence Heller(PhD), et Aline Lapierre (PsyD)
- Réveiller le Tigre, Peter Levine (PhD)
- Le Mythe de la normalité, Gabor Maté (Médecin)
Conclusion : ce qu’il faut retenir sur la thérapie NARM
Le NARM ne vous demande pas de revivre votre passé : il agit sur votre présent, en travaillant les stratégies de survie mises en place dès l’enfance.
Cette méthode NARM, développée par Laurence Heller, s’adresse à celles et ceux pour qui les mots ont posé les bases, sans que cela ait suffi à faire bouger les choses : vos émotions et votre corps, eux, ont besoin d’un autre langage que le verbal.
Que vous vous reconnaissiez dans la solitude, le besoin de vous sacrifier pour les autres, la difficulté à faire confiance, à poser des limites, ou dans un perfectionnisme qui vous épuise, cette approche psychocorporelle vous propose de retrouver une sécurité intérieure, et la liberté de choisir vos réactions plutôt que de les subir.
Un simple échange suffit souvent à y voir plus clair : je serai heureuse de répondre à vos questions.
Thérapeute spécialisée dans le traitement du traumatisme développemental et la régulation du système nerveux,
Nadia Hachemi s’est formée pendant plus de 10 ans aux principales approches du traumatisme, dont la Somatic Experiencing® (Peter Levine) et le NARM® (Laurence Heller), ainsi qu’à la théorie polyvagale, l’IFS, et la systémie.
Elle consulte en cabinet à Les Essarts-le-Roi (Yvelines) et en ligne.
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