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Nadia Experiencing

Comment soigner un traumatisme psychologique ?

Le guide des approches

(et pourquoi certaines échouent).

Comment soigner traumatisme psy (2)

L’errance thérapeutique ne coûte pas que du temps, un budget, de l’énergie.
Elle use la conviction que quelque chose peut changer. Jusqu’à faire croire que c’est ça, votre nature. 

C’est pour ça que j’ai écrit cet article. 

Vous avez peut-être déjà consulté, une fois, dix fois, davantage. Vous avez parlé, compris, relié des choses entre elles. Et pourtant, ce que vous cherchiez à apaiser est encore là, intact.

Ce n’est pas le signe que rien ne fonctionne pour vous. Le plus souvent, c’est que la méthode essayée ne correspondait pas au type de traumatisme en jeu, ou qu’elle est allée trop vite, alors que quelque chose en vous montait la garde depuis longtemps (et pour de bonnes raisons). 

Cet article vous aide à identifier quelle approche choisir pour vous, et pourquoi les précédentes n’ont peut-être pas suffi.

Un préalable à la consultation pour trauma psychologique : l’urgence médicale

Avant de choisir une approche thérapeutique, un point de vigilance. Si vos symptômes sont envahissants au point d’empêcher de fonctionner (attaques de panique répétées, dépendance qui s’installe, épuisement permanent), un avis médical passe avant : médecin traitant, psychiatre, ou Centre Régional du Psychotraumatisme (CRP).
Si vous avez des pensées suicidaires, ou si vous ne vous sentez pas en sécurité, cela relève de l’urgence, pas de l’attente d’un rendez-vous. En France, le 3114 est joignable gratuitement, 24h/24.

Ce préalable posé, un suivi médical et un accompagnement thérapeutique se cumulent souvent sans problème. C’est ce second niveau que traite le reste de cet article.

Trauma de choc ou trauma développemental : la distinction qui oriente tout le reste

Le traumatisme de choc vient d’un événement unique et identifiable ; le traumatisme développemental, d’une insécurité relationnelle durable, souvent dans l’enfance. (Ces deux formes sont détaillées, avec des exemples, dans l’article qu’est-ce qu’un traumatisme psychologique.)

Cette distinction compte parce que la priorité de travail n’est pas la même selon le cas, comme vous le verrez plus loin. Dans les faits, les deux formes coexistent souvent, et le travail doit alors tenir compte des deux.

Trauma de choc et de développement se ressemblent , mais...
Comment soigner traumatisme psy (4)
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Pourquoi une thérapie peut « ne pas marcher » ?

« J’ai déjà essayé, ça n’a rien changé. » Cette phrase recouvre au moins quatre situations distinctes.

  1. Comprendre ne suffit pas toujours. La compréhension s’adresse à une partie de vous qui n’est pas celle qui déclenche la réaction. On peut savoir qu’on ne risque rien et sentir son cœur s’emballer quand même.
  2. Le traumatisme n’est pas qu’un souvenir. Il s’est inscrit dans des automatismes (respiration bloquée, mâchoire serrée, un oui qui sort tout seul) que le raisonnement n’atteint pas directement.
  3. La méthode n’était pas calibrée au bon type de traumatisme. Le cas le plus fréquent, et le plus injustement vécu comme un échec personnel : une approche pensée pour un souvenir précis, appliquée sans stabilisation à un trauma développemental, produit soit un blocage, soit un débordement.
  4. Le rythme ou la relation n’étaient pas les bons. Un accompagnement techniquement juste peut rester sans effet s’il est allé trop vite, ou si le lien n’a jamais permis de baisser la garde.

Aucune de ces situations ne parle de votre capacité à aller mieux. Toutes parlent d’un ajustement entre une méthode, un moment et une personne.

Les différentes approches pour le traumatisme psychologique : parole, souvenir, corps

Pour s’y retrouver, on peut distinguer les approches selon leur point de départ : le récit, le souvenir, ou le corps.

Les approches centrées sur la parole 

Elles aident à comprendre, sans cibler le souvenir traumatique : thérapie des schémas, approches centrées sur l’attachement, DBT (thérapie comportementale dialectique), psychanalyse.

Les approches centrées sur le souvenir

Il s’agit des approches : TCC & EMDR centrées trauma. Elles retraitent un événement précis jusqu’à ce qu’il perde son pouvoir de déclenchement. Ce sont les plus étudiées, et celles que recommandent les documents officiels français, en particulier après un choc identifiable. (Le tableau ci-dessous précise laquelle correspond à quel type de traumatisme.)

Pour un traumatisme construit dans l’enfance, elles restent utilisables, mais pas telles quelles : il faut d’abord retrouver un sentiment de sécurité, pour ne pas être débordé par ce qui remonte.

Les approches centrées sur le corps (psychocorporelles)

 Elles sont dites « bottom-up », par opposition aux approches « top-down ».
Dans le top-down, on part de la pensée (le « top »), qui entraîne ensuite ce qui se passe dans les émotions et dans le corps (le « down »).  Le bottom-up part de l’inverse : ce que le corps fait maintenant, sans besoin de tout raconter ni de passer d’abord par la pensée. 

  • Le NARM est pensé pour les traumatismes construits dans la relation, le travail sur les émotions et les croyances devenues des évidences (« je dois tout contrôler »). Le Narm travaille à la fois en top-down et en bottom-up. On commence toujours par la pensée, car un patient déconnecté ne peut pas commencer par le corps. 
  • La Somatic Experiencing part d’une réaction de survie restée bloquée (bottom-up : fuite, attaque, défense, figement), particulièrement indiquée après un choc, ponctuel ou répété. 

D’autres approches suivent cette même logique, comme la psychothérapie sensorimotrice. 

Toutes visent le même objectif : redonner au corps une capacité à se réguler. 

À noter : Le NARM et la Somatic Experiencing sont des thérapies de l’instant présent. À l’inverse, les thérapies par la parole ou le souvenir se concentrent sur le passé. En effet, le NARM et la Somatic Experiencing jouent sur le présent car c’est là que ce qui est travaillé peut être intégré.

Quelle approche choisir selon votre type de traumatisme psychologique ?

La question qui compte n’est pas « laquelle est la meilleure », mais « laquelle correspond à mon type de traumatisme ».
Voici, à titre de repère, ce qui est généralement proposé.

Tableau récapitulatif des approches thérapeutiques :

 

ApprocheType de trauma concernéCe qui est travaillé
Approches les plus établies
EMDR, TCC centrées sur le trauma, thérapie d’exposition narrativeChocRetraite le souvenir précis, réduit les images qui reviennent, l’évitement et l’état d’alerte
EMDR et TCC adaptéesDéveloppementalSécurité et régulation avant ou pendant le retraitement
Thérapie comportementale dialectique (DBT)Choc ou développemental, si les émotions débordentRégulation émotionnelle, gestion de l’impulsivité
Thérapie des schémasDéveloppementalCroyances anciennes (« je ne mérite pas d’être aimé »)
Approches centrées sur l’attachementDéveloppementalLien construit dans l’enfance et son influence sur les relations adultes
Approches psychocorporelles émergentes
Somatic ExperiencingChocTraces « palpables » du choc : état d’alerte, sursauts, flashback, tensions, hypervigilance, trouble anxieux, cauchemars…
NARMDéveloppementalCroyances profondes et leurs manifestations dans le corps (émotions et sensations). Travail sur la honte, la culpabilité et le rejet de soi, pour aller vers plus de liberté, de choix et d’authenticité.

Approches les plus établies : identifiées comme approches de référence par les documents institutionnels français. 

  • Approches psychocorporelles émergentes : pas encore de recommandation officielle spécifique, ce qui ne présume pas de leur efficacité. 

Sources : HAS (ALD n°23), recommandations internationales (NICE, APA).

Pour information : la Haute autorité de santé (HAS) travaille à une recommandation plus complète sur le psychotraumatisme, incluant explicitement les traumas complexes et leur dimension somatique.

Ce tableau est une boussole, pas une règle. Un praticien spécialisé en trauma psychologique ajuste toujours le rythme et la méthode à la personne qu’il a en face de lui.

Ce que les approches établies traitent bien, et ce qui reste ouvert

Pour le TSPT (trouble de stress post-traumatique) après un événement identifiable, les approches centrées sur le trauma disposent des données les plus solides. C’est établi, et il n’y a pas de raison de s’en priver.

Le TSPT complexe, tel que décrit dans la classification internationale des maladies (CIM-11), comprend en plus autre chose : des difficultés de régulation émotionnelle, un rapport négatif à soi (se sentir mauvais ou cassé, indépendamment des faits), et des difficultés relationnelles durables. Les données sur la prise en charge de ces trois dimensions restent plus limitées, et aucune méthode ne leur est officiellement attribuée.

C’est ce qui explique qu’une amélioration réelle des symptômes ne s’accompagne pas toujours d’une restauration du sentiment de soi, de la capacité à réguler ses émotions ou à investir les relations. Les symptômes ont baissé. Le reste est resté.

Comment soigner traumatisme psy - Rien n'a fonctionné avec vous jusqu'à présent ?Vous n'avez pas "mal" cherché de l'aide.

Et si aucune des approches classiques n’a fonctionné ?

Ce n’est pas rare, et ce n’est pas le signe que “rien ne marche pour vous”. 

Deux raisons reviennent souvent : l’approche n’était pas calibrée au bon type de traumatisme, ou elle a réduit les symptômes sans atteindre ce qu’il y avait dessous, l’identité, la régulation, les relations.

Les personnes qui viennent vers ces approches ont, la plupart du temps, déjà fait un vrai travail par la parole. Elles ne viennent pas parce que “tout a échoué”, mais parce qu’il restait quelque chose que ce travail n’avait pas atteint. 

« Après de longues expériences avec la thérapie classique, je suis arrivée à un stade où j’avais besoin de travailler autrement que par la parole. ».

– Stéphanie, avis sur ma fiche Google –

Peut-on commencer directement par le NARM ou la Somatic Experiencing ?

Oui, rien n’impose d’avoir « fait ses preuves » ailleurs avant. Si vous avez déjà beaucoup parlé sans que vos réactions changent, commencer par une thérapie psychocorporelle est souvent le chemin le plus direct.

Seule réserve : si les symptômes sont envahissants au point d’empêcher de fonctionner, l’avis médical reste la première étape, en parallèle de l’accompagnement.

Ressources et lectures complémentaires sur le traumatisme psychologique

Les repères sur les formes, les symptômes et les causes du traumatisme sont détaillés dans l’article qu’est-ce qu’un traumatisme psychologique, et les effets spécifiques des traumatismes précoces dans traumatisme d’enfance à l’âge adulte.
Article à venir : Traumatisme psychologique : Comment choisir un praticien ? 

Côté associations :
France Victimes, Mémoire Traumatique et Victimologie et L’Enfant Bleu proposent écoute et information, en complément et jamais en remplacement d’un suivi individuel.

Comment soigner un traumatisme psychologique : Ce qu’il faut retenir

  • Soigner un traumatisme psychologique ne consiste pas à effacer ce qui s’est passé, mais à faire en sorte que cela cesse de piloter votre présent. 
  • Le facteur qui oriente le choix n’est pas la réputation d’une méthode, mais votre type de traumatisme (choc ou développement) et la relation thérapeutique.
  • Si vous avez déjà essayé plusieurs approches (par la parole ou souvenir..) sans que cela vous aide assez, ce n’est pas un échec personnel : c’est le plus souvent qu’une méthode n’était pas la bonne pour vous ou qu’elle n’a pas pu vous mener assez loin pour vous libérer du traumatisme.
  • Il n’existe pas d’approche thérapeutique qui fonctionne pour tout le monde.

Si cette lecture fait écho à quelque chose chez vous, vous pouvez prendre le temps d’un premier échange de 15 minutes, gratuit et sans engagement, pour sentir si les approches psychocorporelles que je propose correspondent à ce que vous cherchez.


Questions fréquentes

Est-il possible de se remettre d'un traumatisme ?

Oui, mais pas au sens d’un effacement. Le souvenir ne disparaît pas ; il cesse de déclencher les mêmes réactions et redevient un élément de votre histoire parmi d’autres.

 Pour un traumatisme de choc unique et récent, quelques mois suffisent parfois. Pour un traumatisme construit dans l’enfance, il faut compter plus de temps, souvent un à deux ans, avec des changements perceptibles bien avant la fin. Les premiers effets se ressentent généralement après quelques séances,rarement dès la première.

Des réactions peuvent réapparaître lors d’une période difficile ou d’un événement qui fait écho. Cela ne signifie pas que le travail est perdu : elles reviennent en général moins fort, moins longtemps, et avec une capacité à les reconnaître et à les réguler qui n’existait pas avant.

Non. Certaines personnes trouvent ce qu’il leur faut dans un travail par la parole ou sur le souvenir. Le corps devient une piste sérieuse quand la compréhension est là depuis longtemps sans que les réactions ne suivent. Il n’y a pas de thérapie qui fonctionne pour tout le monde.

Oui, et c’est fréquent : un suivi médical, un travail thérapeutique et un accompagnement corporel peuvent avancer en parallèle. L’important est que les praticiens soient au courant les uns des autres.

À propos de Nadia Hachemi

Thérapeute spécialisée dans le traitement du traumatisme développemental et la régulation du système nerveux,
Nadia Hachemi s’est formée pendant plus de 10 ans aux principales approches du traumatisme, dont la Somatic Experiencing® (Peter Levine) et le NARM® (Laurence Heller), ainsi qu’à la théorie polyvagale, l’IFS, la systémie et l’accompagnement des addictions.

Elle consulte en cabinet à Les Essarts-le-Roi (Yvelines) et en ligne.

Nadia Hachemi PRO-13

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