Comment choisir un bon thérapeute,
quand on a vécu des traumatismes psychologiques ?
Un nouveau nom de psy ou de thérapeute sur Google ou GPT.
Un nouveau mail ou appel pour prendre rendez-vous.
Une nouvelle explication de votre historique.
Et cette question, silencieuse, à chaque fois : comment choisir un bon thérapeute ?
Et comment savoir, cette fois, qu’on est enfin au bon endroit ?
Le premier critère semble être la méthode. C’est en réalité la qualité de la relation.
Un « bon thérapeute » ne considère pas vos « défauts » comme des défauts, mais comme des stratégies utiles et intelligentes qui ont eu une fonction par le passé . Il cherche à comprendre laquelle, pour que vous puissiez choisir, aujourd’hui, si vous en avez encore besoin.
Cet article propose 4 critères concrets pour faire un choix éclairé.
Précision avant d’aller plus loin : psychologue, psychothérapeute, praticien ou thérapeute ne renvoient pas tous à un statut réglementé. Ici, par souci de simplification, « thérapeute » désigne simplement la personne qui vous accompagne, pour ce travail sur vous-même, quel que soit son titre.
Sommaire
Toggle1- Le bon critère n’est pas uniquement la méthode, c’est avant tout la sécurité relationnelle
Ce réflexe de dire « ça va mieux » sans en être tout à fait convaincu·e coûte cher, répété séance après séance : du temps, de l’argent, et l’illusion d’un travail qui avance … alors qu’il stagne.
Une thérapie où ce “mensonge” de politesse devient rare ou impossible est souvent le signe d’une vraie sécurité relationnelle.
Avant même de parler de formation ou d’approche thérapeutique, une question compte plus que toutes les autres :
Pouvez-vous être vous-même face à cette personne, sans jouer un rôle, sans rien cacher, sans deviner ce qu’elle attend de vous entendre dire ?
On peut chercher à se rassurer avec les avis en ligne.
Mais aucun avis ne peut vous dire si vous vous sentirez en sécurité avec cette personne.
Ça, ça ne se constate qu’en séance.
Concrètement, cela signifie que vous pouvez dire :
- « je ne sais pas »,
- « je ne ressens rien », ou
- « je ne suis pas d’accord »,
sans être corrigé, orienté vers la « bonne réponse », ni pressé de « faire le travail ».
Un bon accompagnement laisse la place à la contradiction et à l’ambivalence, plutôt que d’attendre une progression linéaire. D’autant plus en matière de traumatisme psychologique.
2- Sa formation de thérapeute, psychologue, psychothérapeute, etc.. est vérifiable
Une bonne formation ne garantit pas la bonne relation, mais son absence doit alerter, quel que soit le parcours du praticien.
Pour un psychologue ou un psychothérapeute
Il a suivi une formation universitaire, ce qui garantit une base théorique solide, mais ce diplôme ne garantit ni une spécialisation trauma, ni un suivi régulier avec un pair une fois en exercice.
Pour ces titres, l’inscription au RPPS (le registre officiel des professionnels de santé)* est vérifiable en ligne, gratuitement, en quelques secondes.
Pour d’autres praticiens et thérapeutes
D’autres approches sérieuses, par exemple, le NARM® ou la Somatic Experiencing®, reposent à l’inverse sur des formations spécifiquement centrées sur le traumatisme psychologique, longues et certifiantes, avec un annuaire* de praticiens agréés en ligne.
NB :
La certification pour ces approches nécessite, pour le thérapeute, de faire une thérapie approfondie sur ces traumatismes et d’être en supervision continue.
Dans les deux cas, le titre seul ne suffit pas : vérifiez si le praticien apparaît réellement sur le registre officiel (RPPS) ou sur l’annuaire des praticiens agréés de sa méthode, en ligne, avant le premier rendez-vous.
3- Comment savoir si vous êtes avec le bon psy ou thérapeute, au fil des séances ? Une question de cadre.
Il n’existe pas de checklist universelle de symptômes qui « prouverait » que la thérapie fonctionne. Le changement, face à un trauma psy, est souvent progressif et non linéaire.
Quelques repères plus larges peuvent néanmoins vous guider pour savoir quel thérapeute choisir, et si c’est le bon :
- vous sentir progressivement plus en contact avec vous-même, y compris dans ce qui reste flou ou contradictoire.
- Ne pas ressortir systématiquement épuisé·e des séances.
- Pouvoir dire au praticien quand quelque chose ne convient pas et sentir que c’est entendu, pas seulement noté.
- vous sentir en sécurité dans l’espace thérapeutique
- Sentir que le praticien sait reconnaître les limites de son champ de compétence, et vous orienter vers un autre professionnel si votre situation le nécessite.
Un praticien qui sait dire « ce n’est pas/plus mon champ de compétence » et vous orienter vers un confrère quand votre situation le nécessite ne reconnaît pas un échec : il fait son travail. Un accompagnement qui s’obstine hors de son domaine ne vous est pas bénéfique.
4- Quels signaux doivent vous alerter ?
À l’inverse, certains signes méritent d’être pris au sérieux :
- Un praticien qui promet un délai précis ou une guérison définitive.
- Un travail qui vous laisse systématiquement débordé, séance après séance.
- Un refus de ralentir quand vous le demandez.
- Une demande de retenir vos émotions (par exemple : « ne pleurez pas »).
- Une pression à raconter ce que vous n’êtes pas prêt·e à raconter.
Ces signaux ne signifient pas nécessairement une mauvaise volonté du praticien, mais ils indiquent souvent une approche mal ajustée à votre rythme.
Comment choisir un thérapeute ou un psy : Ce qu’il faut retenir
Un diplôme se vérifie en trente secondes. Une relation, non.
Choisir un bon thérapeute pour traiter un traumatisme psychologique, c’est trouver quelqu’un devant qui vous n’avez plus à dire « ça va mieux » pour être poli.
C’est là que se joue la différence entre choisir un bon thérapeute et choisir un bon CV.
Si vous souhaitez prendre le temps de faire ma connaissance, vous avez la possibilité de faire un appel découverte.
FAQ : Comment trouver le praticien qui vous correspond ?
Faut-il poser des questions à un thérapeute avant de commencer ?
Pas nécessairement. Très peu de gens osent poser des questions frontales à un premier rendez-vous (ou avant), et c’est normal.
Certaines informations se vérifient d’ailleurs mieux en amont, sur le site ou le profil du praticien : on recherche ses formations, les avis, son approche du traumatisme psychologique.
D’autres informations se révèlent sans qu’il soit nécessaire de les demander :
comment le praticien réagit si vous hésitez, si vous changez d’avis, si vous dites « je ne sais pas » en cours d’échange. Un praticien à l’aise avec ce genre de flottement, sans vous corriger ni vous presser, est déjà un bon signe, et souvent plus fiable qu’une réponse préparée à une question posée d’avance.
Quelle thérapie choisir face à un trauma ?
Il n’existe pas une seule bonne thérapie pour tous les traumatismes. L’essentiel est de vérifier que l’approche proposée correspond au type de trauma : choc ou développemental ? Et au rythme de la personne, plus que de chercher « la meilleure méthode » dans l’absolu.
Faut-il la même approche pour tous les traumatismes ?
Non : un trauma de choc (après une agression, par exemple) ne se construit pas comme un trauma développemental vécu dans l’enfance, et les deux ne se travaillent pas nécessairement de la même façon. (voir l’article sur la distinction entre trauma de choc et trauma développemental)
Faut-il forcément de l'EMDR pour soigner un trauma ?
Non. L’EMDR est une approche reconnue, pour le traitement des traumatismes, mais ce n’est pas la seule option. D’autres approches, comme le NARM® ou la Somatic Experiencing®, sont davantage indiquées pour les traumas développementaux, car elles accordent une place centrale au rythme et à la sécurité relationnelle.
Combien de temps dure une thérapie du trauma ?
Il n’y a pas de délai universel : un praticien qui promet une durée fixe doit alerter. La durée dépend du trauma, de son ancienneté, de la capacité de la personne et du rythme de chacun. La progression n’est pas toujours linéaire : certains traumas, enfouis depuis longtemps, demandent plus de temps.
Cet article vaut-il aussi pour d'autres types de thérapie (couple, famille) ?
Les critères de base (formation vérifiable, qualité de la relation, respect du rythme) restent valables pour tout accompagnement thérapeutique. Cependant, cet article se concentre spécifiquement sur le choix d’un thérapeute pour un traumatisme du développement ou de choc, où certains repères sont particuliers (approche du trauma ancien, gestion du rythme face à des souvenirs difficiles).
* Ressources : trouver un thérapeute ou un psy, formé au traumatisme psychologique
À propos de Nadia Hachemi
Thérapeute spécialisée dans le traitement du traumatisme développemental et la régulation du système nerveux,
Nadia Hachemi s’est formée pendant plus de 10 ans aux principales approches du traumatisme, dont la Somatic Experiencing® (Peter Levine) et le NARM® (Laurence Heller), ainsi qu’à la théorie polyvagale, l’IFS, la systémie et l’accompagnement des addictions.
Elle consulte en cabinet à Les Essarts-le-Roi (Yvelines) et en ligne.